Partir à 5H15 à la lumière de lampes frontales parmi de plus de 2500 personnes est une étrange et envoutante sensation, celle de participer à une aventure hors du commun que seule la grande course des templiers peut procurer. Une équipe du Cournon ambiance course découvrait pour la première fois ce somptueux parcours. Sylvie, Michèle, Laurent, Yves, Claire, Eric, Claude, Serge, Yves et Richard n’avaient pas au départ l’idée du parcours implacable qui les attendait. Au long défilé d’ombres du petit matin recherchant leurs appuis sur les chemins du premier causse, se succèdent montées de feux et descentes raides comme un juge paix qui signifient aux coureurs de presser le pas pour que l’aventure ne s’arrête pas dès Saucliére. Il faut ensuite monter dans la fraicheur sur les cimes de Saint Guiral ou le gros des retardataires doit déjà couper définitivement son effort. Sylvie en hypoglycémie et Michèle n’ayant pas fait attention à sa montre rejoindront Dourbie en marchant. La descente vers Dourbie dont la pente ressemble à une longue cascade de pierres et de terre interroge de nombreux coureurs, s’il ne vaut mieux pas déjà s’arrêter tant les tripes commencent à remonter vers la surface. Et pourtant ils repartent à l’assaut de la crête du Suquet interminable montée en lacet sur un contrefort des Cévennes ou des traileurs appuyés sur leurs bâtons vomissent leur lointain déjeuner. Repartiront-ils je ne sais pas car avec Yves nous poursuivons la route vers Treve ou je rêve de m’arrêter tant les genoux se coincent dès que j’allonge la foulée. Yves dans le même état à la même envie. Une nouvelle descente longue très technique dont nous croyons qu’elle se terminera à Treve se redressera d’un coup très bref mais très pentue pour redescendre au village ou nous stoppons enfin notre effort. Claire continue avec Claude, Laurent, Eric et Serge sont partis devant vers Cantobre. Ils doivent monter encore et encore pour accéder aux plateaux secs et rocailleux qui mènent à l’avant dernière étape en économisant leurs foulées car ils savent que la descente technique qui les attend avant Cantobre peut s’avérer dangereuse au moindre faux pas. Là ils sont sures qu’ils iront jusqu’au bout chacun à son allure la tête plus forte que les jambes ce qu’ils vérifient au milieu de la haie de spectateurs dont les applaudissements leurs donnent la chaire de poule en les encourageant dans la dernière montée. Un plateau aux chemins plus confortables que les précédents onze longs kilomètres puis la descente du roc de Nant et le graal de l’arrivée pour Laurent Chaleix, Eric Castillo, Serge Rossetti, Claire Deret et Claude Bertoni. Ils l’ont fait et ceux qui ont stoppé avant sont presque aussi contents qu’eux. Chapeau !
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